Du 2 au 4 décembre 2025, le 20ᵉ Congrès mondial de l’UIC sur la sûreté ferroviaire s’est tenu à Rabat sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Organisé par l’ONCF et l’UIC, ce congrès a réuni experts internationaux, responsables de réseaux et décideurs publics autour du thème : « La sûreté ferroviaire de demain : combiner les personnes et la technologie ».
La sûreté ferroviaire, moteur stratégique pour l’économie marocaine
Le transport ferroviaire est désormais un levier essentiel de l’économie nationale. Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, indique que le secteur contribue à 10 % du PIB, absorbe 38 % de la consommation nationale d’énergie et emploie près de 10 % de la population active.
Ces chiffres confirment le rôle du rail dans la modernisation des chaînes logistiques marocaines, la connectivité des territoires et le développement durable du secteur. L’investissement global de 96 milliards de dirhams illustre l’importance stratégique accordée aux infrastructures, notamment la ligne à grande vitesse Kénitra–Marrakech, les dessertes RER autour de Casablanca, Rabat et Marrakech, et le projet PARAM pour moderniser le parc roulant avec 168 nouvelles rames.
Un système intégré combinant technologie et capital humain
La sûreté ferroviaire au Maroc repose sur un dispositif complet et intégré :
- 190 agents assermentés de la Police ferroviaire,
- 50 superviseurs et 1.400 agents de surveillance,
- 10 grands sites de sûreté et 2.000 caméras de vidéosurveillance, incluant la LGV Tanger-Casa Voyageurs,
- Centre national de sûreté coordonnant Police ferroviaire, Gendarmerie Royale, DGSN et équipes de surveillance.
Selon Mohamed Rabie Khlie, directeur général de l’ONCF, ce système combine expertise humaine, digitalisation et intelligence artificielle, garantissant une sécurité prédictive et proactive.
Le Maroc : un modèle pour l’Afrique face aux défis ferroviaires
L’étude Africa Rail 2063 montre que seuls 8 % des réseaux africains disposent d’une structure de sûreté solide, tandis que 80 % restent vulnérables. Le Maroc, grâce à ses dispositifs intégrés et sa montée en compétence des ressources humaines, sert de référence continentale.
Le ministre Kayouh souligne que la sûreté ferroviaire est un défi majeur pour l’Afrique, nécessitant des systèmes robustes et anticipatifs pour accompagner la transformation progressive des réseaux. L’UIC, via François Davenne, insiste sur l’importance de la coopération internationale et de plateformes de veille pour répondre aux menaces émergentes.
Digitalisation et intelligence artificielle : vers un rail intelligent
Le thème du congrès, « combiner les personnes et la technologie », reflète la transition vers un rail intelligent, où la digitalisation et l’IA :
- Optimisent la circulation des passagers et du fret,
- Renforcent la maintenance prédictive,
- Garantissent la sécurité des infrastructures critiques.
Cette stratégie permet au Maroc de consolider sa position en tant que hub ferroviaire sécurisé et résilient, tout en augmentant la compétitivité et la durabilité de sa chaîne logistique.
Perspectives et développement futur
Les perspectives du secteur ferroviaire marocain incluent :
- L’extension des lignes à grande vitesse,
- L’intégration de technologies de surveillance avancées,
- La formation continue du capital humain,
- Le renforcement de la coopération continentale et internationale.
Ainsi, le Maroc s’affirme comme modèle africain d’excellence, combinant sécurité, innovation technologique et efficacité logistique.

