Alors que le secteur attendait une confirmation imminente du rachat de Marcotran par Ontime, comme nous l’annoncions en exclusivité en octobre dernier, le fondateur du géant espagnol, Carlos Moreno, surprend le marché en investissant dans la startup digitale OkCargo. Une manœuvre stratégique qui interroge sur l’évolution des dossiers de consolidation en cours.


Un renforcement stratégique dans le digital

Le paysage du transport routier de marchandises en Espagne et sur l’axe Maroc-Europe vient de connaître un nouveau rebondissement. Carlos Moreno de Viana-Cárdenas, fondateur et actionnaire de référence du groupe Ontime, a officiellement intégré le capital de l’opérateur digital OkCargo.

Cette entrée au capital, bien que réalisée à titre personnel, marque une étape clé pour Ontime qui, après avoir absorbé des mastodontes comme SJL, Acotral et Frialdis, semble vouloir accélérer sa mue technologique. OkCargo, plateforme spécialisée dans la charge complète (FTL), apporte une brique technologique indispensable pour optimiser les flux et réduire les kilomètres à vide, un enjeu critique pour la rentabilité des transporteurs actuels.

L’énigme Marcotran : un silence qui interroge

Pour nos lecteurs fidèles, ce mouvement soulève une question brûlante. En août dernier, Logisticsnews.ma révélait en exclusivité que Marcotran était la cible prioritaire d’Ontime. En octobre, nous soulignions que l’attente touchait à sa fin, avec une opération qui semblait n’être qu’une question de jours.

Pourtant, force est de constater qu’à ce jour, aucune évolution concrète n’a été communiquée sur ce rapprochement qui devait redéfinir le corridor logistique Espagne-Maroc. Plusieurs hypothèses circulent dans les milieux financiers :

  • Audit prolongé (Due Diligence) : La complexité de l’intégration des actifs de Marcotran, acteur majeur du transit vers le Maroc, pourrait ralentir le processus.
  • Rééquilibrage stratégique : L’investissement dans OkCargo suggère-t-il qu’Ontime privilégie désormais la flexibilité digitale à l’accumulation d’actifs physiques (Asset-Light vs Asset-Heavy) ?
  • Obstacles réglementaires : Une fusion entre deux leaders du détroit pourrait attirer l’attention des autorités de la concurrence.