Le vaste chantier du Port Dakhla Atlantique, situé dans les provinces du sud du Royaume, vient de franchir un jalon majeur avec un avancement des travaux estimé à 53 % selon les responsables du projet. Cette étape intervient dans un contexte de renforcement des infrastructures logistiques marocaines, visant à positionner le pays comme un hub transatlantique de premier plan.


Avancement des travaux : état des lieux technique

D’après les responsables du projet, le chantier progresse conformément au planning établi par le Ministère de l’Équipement et de l’Eau. Actuellement, les différents corps de métiers réunis sur le site atteignent un taux d’avancement global de 53 %, avec des prévisions visant 70 % d’ici la fin de l’année.

L’infrastructure, dont la livraison est attendue fin 2028 avec une mise en service prévue en 2029 reste l’un des projets portuaires les plus ambitieux du Royaume, doté d’une enveloppe budgétaire significative et d’une vocation géostratégique.


Infrastructures clés en construction

Ouvrages maritimes et digues de protection

Sur le front de mer, les ouvrages de protection maritime — essentiels pour garantir la sécurité d’exploitation du bassin portuaire — affichent une progression remarquable, avec près de 85 % d’avancement. Ces structures — digues, remblaiements et dragages — constituent la colonne vertébrale du futur terminal profond du port.

Pont maritime et éléments d’accostage

Le pont maritime, qui assurera l’accès principal au port depuis la terre ferme, est également en phase avancée de réalisation (environ 85 % achevé). Cette infrastructure, cruciale pour fluidifier les flux terrestres et maritimes, intègre des considérations d’ingénierie avancée adaptées aux spécificités de la côte atlantique.

Parallèlement, la mise en place des blocs d’accostage en béton armé et des ouvrages d’amarrage progresse, avec l’objectif d’installer plus d’une quinzaine de points d’accueil maritime spécialisés au cours de l’année en cours.


Enjeux logistiques et compétitivité nationale

L’émergence de Dakhla Atlantique répond à plusieurs défis logistiques :

  • saturation progressive des hubs traditionnels du Royaume (Tanger Med, Casablanca) ;
  • diversification des points d’entrée export-import afin de réduire les délais et coûts de transit ;
  • amélioration de l’interconnexion multimodale (maritime, routier, ferroviaire).

En intégrant des technologies de pointe (smart ports) et en facilitant la circulation des conteneurs (TEU) et autres marchandises lourdes, ce futur hub pourrait jouer un rôle similaire à celui de Tanger Med sur l’axe Afrique-Méditerranée.


Perspectives — Vers un hub maritime atlantique

L’avancement du chantier à plus de 53 % marque une étape charnière pour la logistique portuaire marocaine, en particulier pour les provinces du sud. À terme, la mise en service du port Dakhla Atlantique devrait :

  • intensifier les échanges transatlantiques ;
  • accroître la capacité de traitement des flux maritimes ;
  • offrir une nouvelle plateforme de connectivité pour les pays africains et européens.

Pour les acteurs logistiques nationaux et internationaux, cette infrastructure représente une opportunité stratégique majeure, tant pour la distribution maritime que pour l’intégration des chaînes de valeur régionales.