Les aéroports marocains ont accueilli 8 913 041 passagers au premier trimestre 2026, en hausse de 11,15 % sur un an selon l’ONDA. La dynamique est portée par le trafic international — près de 90 % — et par un fret aérien en accélération à +13,33 %, signal fort pour les chaînes d’approvisionnement à haute valeur.
Mohammed V capte 30 % du trafic et accélère à +15,92 %
L’aéroport Mohammed V de Casablanca confirme son statut de hub dominant. Avec 2 730 209 passagers, il représente plus de 30 % du trafic national et croît plus vite que la moyenne du réseau (+15,92 % contre +11,15 %). Cette surperformance traduit la concentration des vols long-courriers et des connexions africaines sur ce seul nœud — un avantage compétitif direct pour les chargeurs qui utilisent Casablanca comme point d’entrée continental.
La dynamique de Béni-Mellal (+31,35 %) et d’Errachidia (+20,81 %) mérite une attention particulière. Ces aéroports secondaires affichent des taux de croissance qui dépassent largement les grands hubs. Ils signalent une démocratisation du trafic aérien vers des bassins régionaux jusqu’ici sous-desservis — avec des implications directes pour la logistique du dernier kilomètre dans les zones intérieures.
Trafic international : l’Europe domine, les Amériques accélèrent fortement
Le trafic international représente 8 022 866 passagers, soit 89,99 % du total. L’Europe, qui concentre plus de 80 % de ce flux, progresse de +9,82 % — un rythme solide mais inférieur aux autres marchés. Ce sont les destinations américaines qui créent la surprise : l’Amérique du Nord bondit de +25,9 % et l’Amérique du Sud de +37,69 %, révélant une diversification accélérée des routes aériennes au départ du Maroc.
L’Afrique progresse de +20,96 %. Ce chiffre dépasse la moyenne globale et confirme le renforcement des flux intra-africains depuis les hubs marocains. Pour les opérateurs logistiques positionnés sur le corridor Maroc–Afrique subsaharienne, cette montée en charge préfigure une densification parallèle des capacités cargo sur ces mêmes rotations.
📡 Trafic international par faisceau géographique — T1 2026
Largeur de barre = part de marché · Badge jaune = taux de croissance
80 % du trafic international
▲ +9,82 %
~8 % du trafic international
▲ +20,96 %
~5 % du trafic international
▲ +14,12 %
~4 % du trafic international
▲ +9,45 %
~2 % du trafic international
▲ +25,9 %
~1 % du trafic international
▲ +37,69 %
* Parts de marché estimées d’après la structure du trafic ONDA. Europe confirmée à +80 %, autres faisceaux calculés par déduction.
Performances aéroportuaires : les croissances remarquables du trimestre
Au-delà de Mohammed V, plusieurs plateformes régionales enregistrent des progressions à deux chiffres. Tanger Ibn Batouta (+11,86 %) et Marrakech-Menara (+11,68 %) évoluent au rythme de la moyenne nationale. Nador El Aroui (+13,83 %) et Rabat-Salé (+13,51 %) la dépassent — confirmant la montée en puissance de corridors régionaux qui captent une part croissante du trafic MRE et touristique.
Fret aérien à +13,33 % : signal fort pour les supply chains à haute valeur
Le fret aérien atteint 29 846 tonnes à fin mars 2026, contre 26 335 tonnes un an plus tôt — soit 3 511 tonnes supplémentaires en un trimestre. Ce rythme de +13,33 % dépasse la croissance du trafic passagers. Il confirme que les aéroports marocains ne sont plus uniquement des plateformes de mobilité : ils deviennent des maillons actifs des chaînes logistiques à haute valeur ajoutée, notamment pour les secteurs automobile, pharmaceutique et agroalimentaire à destination de l’Europe.
La corrélation entre la croissance des mouvements aéroportuaires (67 263 vols, +11,24 %) et celle du fret indique une meilleure utilisation des soutes sur les vols passagers. Pour les opérateurs logistiques, cela élargit les options de routing sans nécessairement recourir à un vol tout-cargo.
Nador : la convergence aérien–maritime à surveiller de près
La performance de Nador El Aroui (+13,83 %) prend un relief particulier dans le contexte de la montée en puissance de Nador West Med. La croissance simultanée du trafic aérien et de l’infrastructure portuaire dans cette région dessine une plateforme logistique multimodale en cours de constitution. Les décideurs supply chain actifs dans l’Oriental marocain ont intérêt à intégrer cette double dynamique dans leurs arbitrages de routing pour 2026–2027.

