Le port d’Almería annonce le renforcement de sa liaison vers Nador avec l’entrée d’Africa Morocco Link (AML) sur le corridor. Le timing n’est pas anodin : alors que le Détroit de Gibraltar fait face à un double risque de saturation cet été — rodage du système biométrique EES et éclipse du 12 août — cette ligne devient un axe de délestage stratégique pour les MRE en transit.
Dans notre analyse sur l’OPE & Marhaba 2026, nous identifions deux risques majeurs de congestion au Détroit : le rodage des contrôles biométriques EES sur les ports d’Algeciras et Tarifa, et l’éclipse solaire du 12 août qui amplifie les flux de retour. Le renforcement d’Almería–Nador constitue la réponse logistique la plus directe à ces deux aléas — en offrant aux MRE une route alternative opérationnelle avant le pic.
70 % du trafic d’Almería est marocain : un port structurellement lié au Maroc
L’Autorité portuaire d’Almería est claire sur sa dépendance commerciale : près de 70 % de son activité annuelle est générée par le trafic à destination du Maroc. Ce chiffre classe le port andalou dans une catégorie à part — celle des plateformes dont la viabilité économique est directement indexée sur la santé du corridor MRE. Almería n’est donc pas un port qui « accueille aussi » le trafic marocain : c’est structurellement un port orienté Maroc.
C’est dans ce contexte que Rosario Soto, présidente de l’Autorité portuaire, a annoncé le renforcement de la ligne Almería–Nador pour l’été 2026, avec comme axe central l’arrivée d’Africa Morocco Link (AML). Objectif affiché : augmenter la capacité et la fréquence des traversées, améliorer l’anticipation des flux et optimiser la qualité de service pour les MRE.
⚓ Almería dans l’écosystème portuaire MRE — Été 2026
AML comme soupape : pourquoi Almería–Nador peut absorber les excédents du Détroit
La logique de délestage est simple. Le Détroit de Gibraltar — Algeciras et Tarifa en tête — concentre l’essentiel des flux MRE en raison de sa proximité géographique et de la densité de ses rotations. Mais cet avantage devient une vulnérabilité en situation de saturation. Or, l’été 2026 cumule précisément deux facteurs de congestion inédits identifiés dans notre analyse sur l’OPE & Marhaba 2026 :
Face à ce double risque, Almería–Nador offre une alternative crédible pour les MRE de la diaspora nord-européenne — notamment ceux originaires du Rif et de l’Oriental, pour qui Nador est la porte d’entrée naturelle. En renforçant la capacité de ce corridor avec AML, l’Autorité portuaire d’Almería crée mécaniquement une soupape de pression pour le Détroit : chaque voyageur redirigé vers Almería est un véhicule de moins dans la file d’Algeciras.
Ce raisonnement n’est pas théorique. En 2017, lors du dernier pic de congestion majeur à Algeciras, les flux Almería–Nador avaient naturellement absorbé une partie du trop-plein. La différence en 2026 : le renforcement est anticipé et organisé, avec une compagnie marocaine — AML — qui connaît précisément le profil de cette clientèle.
Almería–Nador vs Détroit : le bon choix selon le profil du voyageur
Une campagne internationale pour convaincre la diaspora nord-européenne
Le renforcement de la capacité ne suffit pas : encore faut-il que les voyageurs MRE connaissent l’alternative. C’est l’objet de la campagne de communication internationale lancée par l’Autorité portuaire d’Almería. Ciblant les communautés marocaines établies en France, Belgique, Allemagne et Pays-Bas, cette campagne vise à repositionner Almería comme une option crédible pour les familles qui rejoignent le nord du Maroc — et non comme un second choix par défaut.
La logique commerciale est solide. Un MRE domicilié à Bruxelles ou Düsseldorf, à destination de la région de Nador, économise plusieurs centaines de kilomètres de route en passant par Almería plutôt que par Algeciras. Pour des familles qui conduisent chargées sur de longues distances, ce différentiel n’est pas négligeable — surtout si le Détroit ajoute des heures d’attente aux contrôles EES.
📌 Ce que ce renforcement change pour les opérateurs

