Trois villes au cœur du dispositif
Le partenariat couvre trois réseaux urbains majeurs. À Tétouan, l’exploitation a démarré dès novembre 2023 avec Issal Madina. Elle se poursuit désormais dans le cadre du nouveau contrat Issal Tétouan, lancé en mai 2026 pour le compte de l’Établissement de coopération intercommunal Achamal Al Gharbi. À terme, le réseau doit accueillir une flotte de 194 autobus neufs.
À Fès, Issal Fès opère depuis septembre 2025 pour la Commune, avec 149 autobus neufs. En outre, un projet de Bus à haut niveau de service (BHNS) est actuellement à l’étude. À Tanger, Issal Tanger exploite le réseau depuis décembre 2025 pour le compte de l’ECI Al Boughaz et de Tanja Mobilité. La flotte compte 216 autobus neufs et devrait atteindre 323 véhicules avec le déploiement du BHNS. Les trois contrats ont été attribués pour une durée d’exploitation de dix ans.
Cette alliance intervient dans un contexte de demande croissante. Par ailleurs, les villes marocaines font face à l’urbanisation rapide, à l’extension des bassins de vie et à la nécessité d’améliorer la qualité de service. C’est pourquoi le programme national de modernisation du transport public par autobus, estimé à 11 milliards de dirhams sur la période 2025-2029, constitue un levier stratégique majeur. Porté conjointement par le ministère de l’Intérieur et les Régions, il concerne 37 villes marocaines.
Une complémentarité entre expérience locale et expertise internationale
Le montage retenu repose sur la complémentarité entre les deux groupes. D’un côté, CTM apporte son ancrage historique dans la mobilité marocaine, avec plus de 107 ans d’activité. En outre, le groupe s’est diversifié dans le transport maritime à travers Africa Morocco Links depuis 2024. Désormais, son réseau couvre une centaine de lignes urbaines et interurbaines, avec une flotte de plus de 800 véhicules et 7 navires.
De l’autre, Transdev Maroc est implanté dans le Royaume depuis mai 2011. Il opère notamment le tramway de Rabat-Salé, qui transporte environ 150 000 voyageurs quotidiens. Par ailleurs, l’opérateur exploite en coentreprise avec CTM les trois réseaux de bus urbains de Tétouan, Fès et Tanger. C’est pourquoi ce partenariat représente, pour les deux groupes, une consolidation naturelle de leur positionnement commun.
En somme, la structure des coentreprises Issal — détenues à 51 % par CTM et à 49 % par Transdev Maroc — reflète un équilibre entre ancrage local et apport technologique international. Ainsi, cette alliance s’inscrit pleinement dans la dynamique de modernisation que les autorités marocaines entendent mener dans 37 villes d’ici 2029. Il s’agit d’un signal fort pour le secteur du transport public au Maroc.

