Le Maroc lance son portail PortNet Commerce Extérieur, une plateforme nationale unifiée destinée à digitaliser l’intégralité des procédures d’import-export. Déployé en mode beta depuis le 18 mai, le dispositif sera opérationnel à l’échelle nationale à partir de la mi-juin. Il connectera plus de 100 000 utilisateurs et traitera 40 millions de documents chaque année, avec une réduction des délais de traitement de 20 à 50 %.
📊 PORTNET COMMERCE EXTÉRIEUR — CHIFFRES CLÉS
PortNet Commerce Extérieur : un guichet unique pour tout le commerce extérieur marocain
Lancé officiellement à Casablanca en présence de trois ministros, le nouveau portail PortNet Commerce Extérieur marque un tournant dans la modernisation administrative du Maroc. En effet, la plateforme fédère désormais huit applications auparavant distinctes au sein d’un point d’entrée unique. Elle réunit dans un écosystème cohérent l’ensemble des acteurs : importateurs, exportateurs, transitaires, banques et administrations publiques.
Un outil de convergence et d’orchestration
Concrètement, le portail est conçu comme un outil de convergence et d’orchestration. Il ne se substitue pas aux systèmes existants. Par ailleurs, il les interconnecte afin d’éliminer les ressaisies, de limiter les ruptures d’information et d’améliorer la coordination entre les intervenants publics. Le secrétaire d’État chargé du Commerce Extérieur, Omar Hejira, a indiqué que la plateforme permettra de relier plus de 100 000 utilisateurs et de réduire les délais de traitement de 20 % à 50 %, avec des retombées directes sur les coûts des opérateurs.
Cette dynamique s’inscrit dans la stratégie nationale de modernisation logistique portée par l’AMDL, qui accompagne depuis plusieurs années la montée en compétitivité des opérateurs marocains. Désormais, le portail ambitionne de couvrir progressivement l’ensemble des modes de transport : maritime, aéroportuaire et terrestre.
Les acteurs institutionnels derrière le nouveau portail PortNet
🤝 PARTIES PRENANTES DU PORTAIL
Gouvernance et partenariats stratégiques
La gouvernance du portail repose sur trois conventions signées lors de la cérémonie de lancement. La première porte sur l’appui institutionnel au partenariat ANP–TMPA. La deuxième encadre le déploiement et l’opérationnalisation du portail entre les partenaires. La troisième, enfin, acte l’entrée de TMPA dans le capital de PortNet S.A., un signal fort de convergence entre les deux opérateurs portuaires historiques du Royaume.
Par ailleurs, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a rappelé que deux décennies d’efforts de digitalisation ont précédé ce lancement. Cependant, il a souligné qu’il n’est pas possible de développer des infrastructures portuaires de grande envergure sans un écosystème intégré de gestion portuaire, appuyé par des compétences humaines capables d’assurer des services de qualité.
📊 RÉDUCTION DES DÉLAIS — IMPACT ESTIMÉ PAR TYPE DE PROCÉDURE
Source : Secrétariat d’État chargé du Commerce Extérieur · 2026
Le fret aérien dans la ligne de mire : la prochaine étape de PortNet
Au-delà du lancement, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a ouvert une perspective stratégique majeure. Ainsi, il a appelé à élargir progressivement le portail au fret aérien dans les aéroports du Royaume. En effet, le fret aérien joue un rôle croissant dans le commerce international, notamment pour les produits à forte valeur ajoutée et les marchandises urgentes.
Vers un hub logistique trimodal
Concrètement, l’intégration des acteurs du transport aérien dans PortNet viserait à améliorer la fluidité des opérations, à réduire les délais de traitement dans les aéroports et à renforcer la compétitivité des plateformes aéroportuaires nationales. Ce qui consoliderait la position du Maroc en tant que hub logistique trimodal — maritime, aérien et terrestre — reliant l’Afrique, l’Europe et le reste du monde.
Impact sur la pêche maritime
Par ailleurs, la secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime, Zakia Driouich, a illustré le potentiel de la dématérialisation : son département délivre à lui seul 38 000 certificats de capture via une plateforme entièrement digitalisée. Désormais centralisés dans PortNet, ces flux rejoindront un écosystème cohérent avec l’ONSSA et l’ADII. C’est pourquoi ce secteur, dont 85 % de l’activité est tournée vers l’export, figurait en bonne place lors des discussions.
🎯 CE QUE ÇA CHANGE POUR VOUS
Ce que le lancement du portail révèle de la stratégie logistique du Maroc
« La transformation digitale dans le commerce extérieur n’est plus un luxe si l’on veut être compétitif. Un portail unifié s’impose aujourd’hui comme une nécessité pour booster la compétitivité logistique du pays. »
OMAR HEJIRA · SECRÉTAIRE D’ÉTAT CHARGÉ DU COMMERCE EXTÉRIEURLe lancement de PortNet Commerce Extérieur traduit une volonté politique clairement affirmée : le Maroc ne se contente plus de moderniser ses infrastructures physiques. Désormais, il construit en parallèle l’infrastructure numérique qui leur donne toute leur valeur. C’est pourquoi ce portail ne doit pas être lu comme un simple outil de dématérialisation. Il constitue un levier de souveraineté économique, selon les termes du ministre Nizar Baraka.
Un impact systémique sur l’économie
En effet, les transactions du commerce extérieur représentent environ 1 300 milliards de DH, dont 470 milliards d’exportations. Réduire de moitié les délais de traitement sur un flux de cette ampleur produit des effets systémiques : réduction des coûts de stockage, accélération des règlements, amélioration du besoin en fonds de roulement pour les opérateurs. De plus, l’interopérabilité sécurisée entre les systèmes d’information des administrations concernées renforce la traçabilité et réduit les risques de fraude documentaire.
Un signal fort pour les partenaires internationaux
En somme, le portail PortNet Commerce Extérieur constitue un signal fort adressé aux partenaires internationaux du Maroc. Il démontre que la compétitivité logistique ne repose plus uniquement sur la capacité de production ou la qualité des infrastructures, mais aussi sur la rapidité des procédures, la fluidité des parcours administratifs et la qualité de coordination entre les intervenants publics. Le déploiement national prévu à la mi-juin sera l’indicateur à surveiller pour mesurer la portée réelle de cette ambition.

