Les premières Assises Maritimes Nationales ont réuni à Tanger, le 21 mai 2026, décideurs et experts autour de la logistique maritime. Le panel stratégique l’a placée comme levier central de compétitivité économique. Ainsi, les travaux ont débouché sur des recommandations concrètes. L’objectif : faire du Maroc un hub logistique régional reliant l’Europe, l’Afrique et l’espace Atlantique.
🧭 4 AXES STRATÉGIQUES DES ASSISES
Intermodalité : le maillon manquant de la logistique maritime marocaine
Le panel a d’emblée identifié l’intermodalité comme le chantier prioritaire. En effet, les participants ont souligné la nécessité de renforcer les connexions entre ports, rail et routes. L’objectif est de fluidifier les échanges. Actuellement, les ruptures de charge pèsent sur les coûts logistiques. Elles réduisent, par conséquent, la compétitivité des exportations marocaines.
Par ailleurs, les experts ont mis en avant le modèle du secteur automobile. Son écosystème industriel constitue une référence pour structurer les chaînes de valeur. C’est pourquoi plusieurs intervenants ont plaidé pour des zones logistiques intégrées à proximité des ports. À l’image des plateformes développées autour de Tanger Med, ce modèle doit être généralisé.
Ainsi, la montée en puissance du commerce africain impose au Maroc une infrastructure logistique de premier rang. Cela passe notamment par des corridors intelligents. Ces corridors doivent relier les marchés subsahariens aux ports du littoral nord. Ils couvriront également l’espace atlantique du Royaume.
Digitalisation des ports : de l’e-paiement aux plateformes intelligentes
La transformation numérique des services portuaires a occupé une place centrale dans les débats. Les participants ont notamment mis en avant le e-paiement. De plus, les plateformes numériques intégrées ont été citées comme leviers immédiats pour réduire les délais. Des solutions comme PortNet illustrent cette dynamique de dématérialisation.
De plus, l’intelligence artificielle a été présentée comme une priorité pour les systèmes portuaires. Elle renforce l’anticipation prédictive des flux. Elle optimise également la productivité des opérations. Cependant, les intervenants ont insisté sur un point clé : cette transition exige une montée en compétences des acteurs du secteur.
En définitive, la digitalisation logistique ne se limite pas aux ports. Elle doit s’étendre à tous les acteurs des chaînes logistiques. Elle concerne également les procédures de contrôle aux frontières. C’est ainsi que le commerce extérieur marocain sera fluidifié de bout en bout.
📋 RECOMMANDATIONS ISSUES DES ASSISES
Décarbonation des ports : le Maroc face à ses engagements climatiques
L’enjeu environnemental a également mobilisé les débats. Les participants ont réaffirmé le rôle central des ports marocains dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette réduction concerne les plateformes portuaires. Elle s’étend aussi à l’ensemble du littoral national. Cette orientation s’inscrit, par ailleurs, dans les engagements climatiques internationaux du Royaume.
Toutefois, la décarbonation portuaire reste un chantier complexe. Elle exige des investissements lourds dans les carburants alternatifs. Les équipements électrifiés et les systèmes de gestion énergétique sont également concernés. Par conséquent, les intervenants ont appelé à une coordination entre l’AMDL, les opérateurs portuaires et les instances de régulation. L’objectif : définir une feuille de route commune et viable.
Le Maroc comme hub logistique : une ambition à structurer par des politiques cohérentes
À l’issue des travaux, la vision centrale des Assises s’est clarifiée. Le Maroc entend consolider son rôle de plateforme logistique régionale. Il se positionne ainsi à l’intersection de l’Europe, de l’Afrique et de l’espace Atlantique. Cette ambition repose sur des atouts réels : position géographique, infrastructures portuaires, écosystèmes industriels. Elle appelle néanmoins des politiques de long terme cohérentes.
En outre, la question du financement des zones logistiques et des corridors africains reste entière. C’est pourquoi le succès de cette stratégie dépendra d’une mobilisation ciblée des investissements. Acteurs publics et privés devront agir ensemble. Cela, dans le cadre d’une gouvernance logistique partagée et structurée.
Les prochains mois seront déterminants : la mise en œuvre des recommandations des Assises Maritimes constituera un indicateur clé de la volonté politique d’aligner les ambitions affichées à Tanger sur des décisions budgétaires et réglementaires concrètes.

