Marsa Maroc affiche un chiffre d’affaires consolidé de 1,43 milliard de dirhams au premier trimestre 2026, en progression de 12,1%. Le trafic manutentionné atteint 16,3 millions de tonnes, porté par la vigueur du trafic domestique et des vracs. Ces résultats confirment la trajectoire de montée en puissance du Groupe, appuyée par un programme d’investissements centré sur Nador West Med.
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Chiffre d’affaires en hausse : les moteurs de la croissance de Marsa Maroc
La progression de 12,1% du chiffre d’affaires de Marsa Maroc au premier trimestre 2026 repose sur deux leviers complémentaires. D’une part, la croissance des volumes manutentionnés à travers le réseau portuaire national. D’autre part, l’amélioration des recettes liées aux prestations logistiques, segment à plus forte valeur ajoutée.
En effet, le trafic global manutentionné a atteint 16,3 millions de tonnes, soit une hausse de 4% sur un an. Par ailleurs, cette dynamique est portée par plusieurs segments en croissance simultanée, ce qui renforce la solidité structurelle des résultats. C’est notamment le cas des trafics rouliers et des véhicules neufs, ainsi que des vracs solides et liquides.
Toutefois, la performance n’est pas uniforme sur l’ensemble des activités. Le transbordement conteneurs accuse un recul notable, signe d’un repositionnement stratégique en cours au niveau du port de Casablanca.
Conteneurs : le domestique compense le recul du transbordement
Le segment conteneurs présente un profil contrasté au premier trimestre 2026. D’un côté, le trafic domestique s’établit à 319.311 EVP, en progression de 8%, soutenu par la dynamique du commerce extérieur marocain. De l’autre, le transbordement recule de 8% à 389.814 EVP.
En effet, ce recul du transbordement résulte d’une orientation stratégique privilégiant les flux domestiques au port de Casablanca. C’est pourquoi il convient de ne pas lire ce repli comme un signal de faiblesse, mais comme un choix délibéré de priorisation des activités à plus haute valeur commerciale pour le Groupe. Par ailleurs, cette tendance s’inscrit dans un contexte de réorganisation des flux entre les hubs de la façade atlantique.
Ainsi, l’EVP domestique gagne du terrain dans la structure de revenus de Marsa Maroc. Cela renforce la dépendance positive du Groupe vis-à-vis des fondamentaux de l’économie nationale.
Vracs et roulier : les segments qui tirent le trafic global vers le haut
Les vracs liquides affichent la meilleure progression parmi les vracs, avec +13%. Ce résultat reflète la croissance des importations d’hydrocarbures et de produits pétroliers, dans un contexte de hausse de la demande énergétique nationale. Les vracs solides progressent quant à eux de 6%, notamment grâce à la hausse des importations de céréales et d’aliments de bétail, selon le Groupe.
Par ailleurs, le trafic roulier enregistre la plus forte hausse parmi tous les segments, avec +17%. Les véhicules neufs suivent avec +11%, en lien direct avec la progression des importations automobiles au Maroc. Ces deux segments confirment la montée en puissance des ports marocains sur les trafics à forte valeur ajoutée. C’est le cas notamment dans les terminaux dédiés gérés par le Groupe.
Nador West Med : l’investissement stratégique qui structure l’avenir du Groupe
Sur le volet financier, Marsa Maroc a engagé 2.489 millions de dirhams d’investissements au cours du premier trimestre 2026. Ces dépenses sont principalement dirigées vers le développement des infrastructures et l’acquisition des équipements des nouveaux terminaux du port Nador West Med. Ce projet représente le chantier le plus structurant pour le Groupe à horizon 2027-2030.
En outre, la structure financière du Groupe demeure solide, avec un endettement net négatif de 945 millions de dirhams au 31 mars 2026. Concrètement, cela signifie que les disponibilités — s’établissant à 2,55 milliards de dirhams — excèdent les dettes de financement de 1,6 milliard. Cette configuration constitue un avantage compétitif significatif pour financer la croissance sans dépendance excessive aux marchés de capitaux.
Ce que ce premier trimestre révèle sur la trajectoire de Marsa Maroc
Les résultats du premier trimestre 2026 dessinent une tendance de fond solide pour Marsa Maroc. La croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires, combinée à une position financière nette positive, positionne le Groupe dans une configuration rare : celle d’un opérateur portuaire capable d’investir massivement sans fragiliser ses équilibres. C’est notamment ce que illustre l’engagement de 2,49 milliards de dirhams sur un seul trimestre, essentiellement vers Nador West Med.
Par ailleurs, la montée en puissance du trafic domestique — qu’il s’agisse des conteneurs, du roulier ou des vracs céréaliers — signale une corrélation croissante entre la performance de Marsa Maroc et les fondamentaux de l’économie marocaine. Dès lors, les indicateurs à surveiller pour les prochains trimestres sont la poursuite de la montée en régime des terminaux de Tanger Med et la trajectoire du transbordement à Casablanca, dont le recul actuel devra se stabiliser pour ne pas peser durablement sur la compétitivité du hub atlantique marocain.

