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Le 20 octobre 2026, Casablanca a accueilli la troisième édition de Logiterre, forum et salon international de la mobilité, du transport et de la logistique. Placé sous le signe de la connectivité, Logiterre 2026 a réuni institutions et professionnels autour d’une question : comment faire de la logistique un levier concret de l’intégration économique africaine, entre coûts, réseaux et frontières ?

Logiterre 2026 à Casablanca : la connectivité au centre des débats

Réunis à Casablanca, acteurs du transport, responsables institutionnels et professionnels ont placé la connectivité au centre des échanges. Plus qu’un salon sectoriel, Logiterre a servi de cadre à une réflexion sur les conditions concrètes de l’intégration économique africaine : réduire les coûts, relier les réseaux et faire des infrastructures un outil de développement partagé.

Le thème retenu, « L’économie des transports et de la logistique, un levier stratégique pour le développement durable », traduit l’ambition de l’événement. Il s’agit d’élargir la discussion au-delà des équipements et d’examiner la place de la logistique dans la transformation des économies.

Logiterre 2026 en bref
Date
20 octobre 2026
Lieu
Casablanca
Édition
Troisième
Format
Forum et salon international
Source : Logiterre 2026, troisième édition

Une intégration africaine freinée par les coûts et les frontières

La rencontre intervient à un moment où l’intégration commerciale africaine se heurte à une contradiction. Le continent dispose de ressources, de capacités de production et de marchés en expansion. Pourtant, les échanges restent freinés par des réseaux inégalement développés, des coûts élevés et des passages frontaliers parfois complexes.

En réunissant professionnels et institutions, Logiterre a donc mis en lumière une question centrale : comment convertir les ambitions de coopération en chaînes de transport réellement efficaces ?

Le diagnostic du ministre du Transport et de la Logistique

Dans son discours d’ouverture, le ministre du Transport et de la Logistique, M. Abdessamad Kayouh, a posé le diagnostic en termes concrets. Il a évoqué « le coût élevé des services logistiques et l’interconnexion limitée des réseaux de transport », ainsi que « les difficultés associées aux procédures de passage des frontières ».

Ces obstacles ne sont pas seulement techniques. Ils influent sur le prix des biens, la compétitivité des entreprises et leur capacité à accéder à de nouveaux marchés.

La coopération régionale au-delà des frontières nationales

La Zone de libre-échange continentale africaine ouvre, dans ce contexte, une perspective importante. Mais l’accord commercial ne peut suffire à lui seul. Comme l’a souligné M. Kayouh, ses possibilités ne se traduiront en gains économiques qu’avec « le développement de réseaux de transport interconnectés et de services logistiques efficaces ».

L’un des enjeux soulevés par Logiterre est donc celui de la cohérence. Infrastructures, règles de circulation, plateformes de stockage et services doivent fonctionner comme les éléments d’un même système.

Un forum conçu comme un espace de dialogue

Le président de l’Union africaine des organisations de transport et de logistique, M. Mustapha Chaoune, a insisté sur la fonction de dialogue du forum. Il a souhaité en faire « un espace de dialogue responsable, d’action commune et d’élaboration d’initiatives capables d’avoir un effet tangible ».

Cette déclaration éclaire l’ambition de Logiterre. La rencontre ne vise pas uniquement à présenter des projets ou des équipements. Elle cherche à rapprocher les acteurs appelés à organiser les flux commerciaux.

« Ils exigent une coordination constante, des visions communes et des partenariats concrets qui dépassent les frontières nationales. »
M. Mustapha Chaoune, président de l’Union africaine des organisations de transport et de logistique
Source : Logiterre 2026

M. Chaoune a rappelé que les défis du transport ne peuvent être traités pays par pays. La formule résume l’un des enjeux majeurs du débat : un corridor ne prend toute sa valeur que s’il relie effectivement plusieurs territoires et si les procédures permettent aux marchandises de le parcourir sans ruptures excessives.

Le partage d’expérience, un axe du forum

L’événement accorde aussi une place particulière au partage d’expérience. M. Chaoune a présenté l’expérience marocaine en matière de transport et de logistique comme une ressource d’échange avec les autres pays africains, au service d’un espace « plus interconnecté, plus ouvert et plus compétitif ».

Cette approche n’implique pas que les modèles puissent être transposés à l’identique. Elle pose plutôt la question de la coopération entre pays dont les besoins, les capacités et la géographie diffèrent, mais qui dépendent de réseaux complémentaires.

Des projets nombreux, des infrastructures à toutes les échelles

Les infrastructures évoquées par M. Kayouh dessinent les différentes échelles de la stratégie marocaine : ports, routes, rail, zones logistiques et transport maritime. Tanger Med, relié à plus de 180 ports dans le monde, dont 40 en Afrique, illustre l’insertion du Maroc dans les échanges internationaux.

Nador West Med et le futur port de Dakhla Atlantique sont présentés comme de nouveaux leviers. La voie express Tiznit-Dakhla doit, de son côté, renforcer les liaisons vers le sud.

Les chiffres clés présentés à Logiterre
180+
ports dans le monde reliés à Tanger Med
40
de ces ports sont situés en Afrique
~34 Md DH
programme ferroviaire annoncé à l’horizon 2030
Source : intervention de M. Abdessamad Kayouh, ministre du Transport et de la Logistique, Logiterre 2026

À ces projets s’ajoutent le développement de zones logistiques et l’étude d’une flotte nationale de marine marchande. La diversité de ces chantiers montre que la performance logistique ne repose pas sur un seul mode de transport. Elle dépend de la capacité à organiser les correspondances entre la route, le rail et la mer, mais aussi à développer les services de stockage et de distribution.

Un défi de cohérence plus qu’un défi d’annonces

Cette ambition appelle toutefois une lecture attentive : annoncer des infrastructures ne garantit ni leur intégration, ni leur accessibilité, ni leur effet sur les coûts. Les résultats dépendront de la coordination entre projets, de la continuité des corridors au-delà des frontières et de la capacité des entreprises à utiliser les nouveaux équipements.

À cet égard, les conducteurs et les transporteurs routiers, salués par le ministre, demeurent des maillons essentiels de la circulation des biens.

À retenir
• Logiterre 2026 a replacé la logistique au cœur de la réflexion sur l’intégration économique africaine.
• Coûts élevés, réseaux peu interconnectés et procédures frontalières restent les principaux freins identifiés.
• La Zone de libre-échange continentale africaine ne portera ses fruits qu’avec des réseaux et des services logistiques cohérents.
• Ports, rail, routes et zones logistiques ne produiront d’effet qu’à condition d’être coordonnés, y compris au-delà des frontières.

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