Le port de Casablanca entre dans une nouvelle ère. Pour la première fois de son histoire, le terminal polyvalent de Marsa Maroc a accueilli un vraquier de près de 55.000 tonnes. Cette escale inédite, rendue possible par des travaux d’approfondissement ambitieux, illustre la montée en puissance des infrastructures portuaires marocaines face aux exigences du commerce maritime mondial.
Une première escale qui change la donne
Le navire est un vraquier sucrier de 200 mètres de long. Il a été affrété par le groupe Cosumar et transportait une cargaison de près de 55.000 tonnes de sucre brut. Désormais, le terminal polyvalent de Marsa Maroc bénéficie d’un nouveau tirant d’eau de 12 mètres. C’est ce qui a rendu cette escale historique possible.
En effet, des travaux de réhabilitation et d’approfondissement des quais ont été menés à bien. Par ailleurs, 230 mètres linéaires de quai ont déjà été réhabilités à -12 mètres de profondeur. Ainsi, le terminal peut désormais accueillir des navires dont la capacité avoisine les 60.000 tonnes.
Khalid Mansour, directeur de la Business Unit Vracs de Marsa Maroc, a été clair : « Nous assistons à l’ouverture du port de Casablanca à une nouvelle gamme d’escales de navires vraquiers de grande capacité. » Il s’agit d’un signal fort envoyé à l’ensemble des industriels marocains.
⚓ Données clés — Escale historique Marsa Maroc
Cap 2028 : 8 millions de tonnes en vue
L’ambition de Marsa Maroc ne s’arrête pas à cette première. En effet, l’opérateur prévoit de porter le linéaire de quai réhabilité à 530 mètres d’ici 2028. De cette façon, le terminal polyvalent atteindra une capacité totale supérieure à 8 millions de tonnes. C’est un bond considérable.
Ainsi, le port de Casablanca consolide son positionnement comme principal hub logistique du Royaume pour le traitement des marchandises en vrac. Par ailleurs, ce projet s’inscrit dans une logique de compétitivité nationale. Il vise à aligner les infrastructures marocaines sur les standards du commerce maritime international.
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Cosumar : un partenariat modèle entre industrie et port
Du côté de Cosumar, cette évolution portuaire est perçue comme un levier de compétitivité direct. Anas Jamal Eddine, directeur Commercial, Marketing et Supply Chain du groupe, a salué la qualité de la collaboration. Selon lui, ce partenariat illustre ce que doit être la relation entre un opérateur portuaire et un acteur industriel.
En effet, les travaux d’approfondissement ont été combinés à des actions d’amélioration opérationnelle menées conjointement. C’est pourquoi le groupe peut désormais affréter des navires de plus grande capacité. De cette façon, Cosumar génère des optimisations portuaires et logistiques significatives sur l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement.
Par ailleurs, cet exemple concret montre la voie à d’autres industriels marocains. Notamment ceux dont les activités dépendent de l’importation de matières premières en vrac. Sans cela, la compétitivité de leurs chaînes logistiques reste exposée aux coûts élevés des petits navires et à la multiplication des escales.
Le Maroc s’intègre aux grands flux du commerce maritime mondial
Au-delà de l’escale elle-même, ce vraquier de 55.000 tonnes est un signal macro-économique fort. Il témoigne de la montée en puissance des infrastructures portuaires nationales. En outre, il démontre leur capacité à accompagner les besoins croissants des industriels marocains.
Désormais, le port de Casablanca n’est plus limité aux navires de taille intermédiaire pour ses quais vraquiers. Cependant, l’essentiel du linéaire reste encore à réhabiliter. C’est pourquoi l’horizon 2028 constitue l’échéance critique pour confirmer la transformation du terminal polyvalent.
En somme, cette première escale est bien plus qu’un record de tonnage. C’est la preuve que le Maroc se dote progressivement des outils portuaires nécessaires pour jouer dans la cour des grandes plateformes logistiques africaines et méditerranéennes. À cet effet, l’enjeu dépasse Marsa Maroc. Il concerne la souveraineté logistique du Royaume.


