Une montée en puissance confirmée par les chiffres de juin
Les premiers jours de la campagne avaient laissé apparaître un léger tassement des flux. Or, les statistiques publiées début juillet montrent l’inverse. En effet, 704.714 MRE ont rejoint le Royaume entre le 10 et le 30 juin, selon les données de la MAP. Cela représente une progression de 3,04% par rapport à la même période en 2025.
Cette évolution confirme que le démarrage plus lent n’était qu’un effet de calendrier. Les départs sont en effet davantage étalés cette année. Cette dispersion s’explique par des vacances scolaires décalées dans plusieurs pays européens.
Par ailleurs, du côté espagnol, les chiffres de l’Opération Paso del Estrecho confirment cette dynamique. Au 6 juillet, 347.142 passagers et 87.968 véhicules avaient déjà traversé le détroit. Ces flux se répartissent sur 1.519 rotations maritimes. Notamment, les lignes directes vers les ports marocains concentrent plus de 95% des voyageurs.
Maroc et Espagne : deux méthodologies, un même mouvement
Force est de relever que les chiffres publiés de part et d’autre du détroit de Gibraltar peuvent sembler contradictoires. Cependant, cette différence ne traduit aucun écart de fréquentation. Elle résulte de deux méthodes de comptabilisation distinctes.
En effet, les statistiques marocaines intègrent l’ensemble des MRE arrivés, quel que soit leur mode de transport. Elles incluent les lignes maritimes depuis l’Espagne, la France et l’Italie. Elles comptent aussi les vols internationaux ainsi que les passages terrestres par Ceuta et Melilla. À l’inverse, les données espagnoles se limitent aux flux maritimes de l’OPE entre ports espagnols et marocains. Dès lors, les deux séries apparaissent complémentaires plutôt que contradictoires.
Avec 704.714 arrivées sur les trois premières semaines, l’opération a déjà couvert environ un cinquième de l’objectif de 3,5 à 3,6 millions de voyageurs fixé avant la clôture du 15 septembre.
Algésiras-Tanger Med toujours en tête, Almeria-Nador en forte progression
Si l’on rapporte 87.968 véhicules à 347.142 passagers, on obtient une moyenne de 3,95 personnes par véhicule. Ce ratio est pratiquement identique aux précédentes éditions. Il confirme ainsi que les voyages restent majoritairement familiaux.
Dans le détail, la ligne Algésiras-Tanger Med continue de dominer avec plus de 124.000 passagers. Toutefois, l’analyse révèle une redistribution progressive des flux. Notamment, la liaison Almeria-Nador affiche la plus forte progression, avec une hausse de plus de 25% par rapport à 2025. Cette évolution traduit une diversification des itinéraires pour éviter les axes historiques saturés.
Classement indicatif fondé sur les volumes rapportés au 6 juillet ; Almeria-Nador enregistre la plus forte progression annuelle.
Un dispositif renforcé pour absorber le pic estival
Cette montée en puissance intervient alors que les autorités marocaines et espagnoles ont considérablement renforcé le dispositif. En effet, l’édition 2026 mobilise 26 espaces d’accueil entre le Maroc et plusieurs pays européens. Près de 1.400 intervenants y sont associés. Un dispositif de coordination permanent doit fluidifier les passages dans les ports, les aéroports et les postes frontaliers.
Par ailleurs, l’autre enseignement majeur concerne le comportement des voyageurs. Désormais, les familles privilégient des billets datés et confirmés. Cette tendance, encouragée par les autorités portuaires, améliore la planification des traversées. Elle contribue ainsi à réduire les congestions observées lors d’éditions précédentes.
Une saison qui pourrait battre des records
Au-delà des chiffres, Marhaba 2026 confirme la place stratégique de la diaspora marocaine dans l’économie nationale. Chaque été, le retour de plusieurs millions de MRE génère une activité considérable dans le transport maritime, le tourisme, le commerce et la logistique. Les investissements consentis à Tanger Med et à Nador permettent aujourd’hui d’absorber des volumes parmi les plus importants au monde.
En somme, la seconde quinzaine de juillet et le mois d’août devraient constituer le véritable pic de fréquentation. Tous les indicateurs convergent vers une édition 2026 qui pourrait égaler, voire dépasser, les performances de l’année précédente. C’est pourquoi cette dynamique confirme, une nouvelle fois, le lien indéfectible entre les Marocains du monde et leur pays d’origine.

